Skip to main content
Coup de cœurDiversmustReportages

Reconnaissance des officiels ©

By 5 février 20262 Comments

            à Daniel Chemin

        Mettez dans une familiale qui affiche dans les 300 000 au compteur, un président de jury d’un modèle irascible, puis, entassées à l’arrière, de part et d’autre d’une directrice des haras, deux juges assesseurs de sexe féminin d’humeur rigolarde et, au volant, la jeunesse téméraire d’un fils de l’organisateur du concours. Secouez le tout vigoureusement dans les nids-de-poule du parcours puis lancez le bolide à fond les manettes dans le gué, même s’il a plu toute la nuit, sous le prétexte que « ça doit passer ».

        De toute façon, vu la configuration du terrain, il est impossible de passer ailleurs.

        Comme le V de la victoire, deux gerbes encadrent la « trapanelle » tandis qu’un hoquet et quelques gargouillements de mauvais augure vérifient que le moteur n’était pas amphibie.

        Plantée, la bête, au refus !

        Acclamations des concurrents qui passent par-là :

        – Wahou ! C’est pas souvent que le jury se mouille pour sonder le gué ! 

         Le président se fâche alors, et comme il a beaucoup d’esprit, surtout quand il s’énerve, la situation devient hilarante, tandis que l’eau commence à s’élever dans l’habitacle et que la responsable des haras réfugie ses petits petons sur le velours de la banquette.

        Plus les juges s’étranglent de rire, et plus elle fait la tête… et plus elle fait la tête, plus les juges s’asphyxient.

        Eh oui, elle est tombée chez les fous !

        Alors… lorsque le président entreprend de secourir « la dame », la sortie de la voiture prend un tour surréaliste :

         – Tenez ma chère, donnez-moi vos chaussures… vous savez nager ? Non ? Alors, je vous en prie, montez sur mon dos… mais si, mais si… et tenez-moi par le cou, hein ?

         Les civilités du président pour la directrice achèveront nos juges qui — mais je n’en jurerais pas — ne sortiront pas du gué sans avoir quelque peu inondé le fond de leur pantalon.

Julie Wasselin. Extrait de son livre : « Propos débridés » publié à L’Harmattan.

2 Comments

Leave a Reply